Afrique · Éthiopie

Adam Jones from Kelowna, BC, Canada

1270 – 1974

Empire d'Éthiopie (dynastie salomonide)

Le seul État africain à n'avoir jamais été colonisé durablement

Langue Guèze (liturgique), amharique
Capitale Gondar, Magdala, puis Addis-Abeba
Dynasties Salomonide, 1270-1974
Influence Adoua 1896, siège de l'OUA, rastafarisme

I Le récit

L'empire d'Éthiopie est gouverné de 1270 à 1974 par la dynastie salomonide, qui revendique une descendance de Salomon et de la reine de Saba par leur fils Ménélik Ier — filiation inscrite dans le Kebra Nagast, texte fondateur du XIVe siècle, et reprise dans la Constitution de 1955.

C'est le seul État africain à n'avoir jamais connu de colonisation durable. Le 1er mars 1896, l'armée de Ménélik II écrase les troupes italiennes à Adoua : première victoire décisive d'une puissance africaine sur une armée européenne à l'ère coloniale, événement qui fait de l'Éthiopie un symbole pour tout le panafricanisme naissant. L'occupation italienne de 1936-1941 sera brève et jamais reconnue par la Société des Nations.

Hailé Sélassié Ier, couronné en 1930, dote le pays de sa première constitution écrite, fait entrer l'Éthiopie à la Société des Nations puis à l'ONU, et accueille à Addis-Abeba le siège de l'Organisation de l'unité africaine en 1963. Son couronnement est à l'origine du mouvement rastafari, qui voit en lui le messie annoncé.

Déposé par le Derg en septembre 1974, il meurt en août 1975 dans des circonstances jamais élucidées. La monarchie est abolie en 1975, refermant sept siècles de dynastie.

II Histoire

1270 — Yekuno Amlak renverse les Zagwe

Un noble du Shewa prend le pouvoir en écartant le dernier souverain de la dynastie Zagwe. C'est le début de la lignée que les historiens appellent aujourd'hui salomonide, et qui régnera jusqu'en 1974.

Une légitimité qui remonte à Salomon

La dynastie se déclare descendante en ligne masculine directe de la maison royale d'Aksoum, qui avait régné du Ier au Xe siècle, et par elle du roi Salomon. C'est une revendication de légitimité, formulée après coup : elle dit ce que le pouvoir voulait être, et c'est à ce titre qu'elle fait partie de l'histoire.

Ménélik II et Zewditu, derniers de la ligne masculine

Ménélik II, puis sa fille Zewditu, sont les derniers souverains à pouvoir revendiquer une descendance masculine ininterrompue. Lij Iyasu et Haïlé Sélassié Ier y accèdent par les femmes — le premier par sa mère, le second par sa grand-mère paternelle. La branche masculine subsistait, écartée.

1974 — la fin d'un règne de sept siècles

Haïlé Sélassié Ier, dernier empereur, est déposé pendant la révolution éthiopienne. Les membres de la famille impériale présents dans le pays sont emprisonnés ; certains sont exécutés, d'autres exilés. La famille est aujourd'hui non régnante.

III Monuments

Fasil Ghebi, l'enceinte royale de Gondar Gondar, Éthiopie

La cité fortifiée des empereurs à partir du XVIIe siècle : châteaux de pierre, palais, églises et bains, dans une enceinte de 70 000 m². Une architecture qui ne ressemble à aucune autre en Afrique — et qui date du moment où la cour cesse d'être itinérante pour se fixer. Inscrite au patrimoine mondial en 1979.

V Expériences

🏰 Marcher dans l'enceinte royale de Gondar

Fasil Ghebi, Gondar, Éthiopie · toute l'année — Sept hectares de châteaux de pierre, de salles de banquet et de bains, bâtis par des empereurs qui venaient de renoncer à la cour itinérante. On y lit la sédentarisation d'un pouvoir, bâtiment par bâtiment.

VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs

Dynastie salomonide — Wikipédia reference Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_salomonide
Solomonic dynasty — Wikipédia (anglais) reference Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Solomonic_dynasty

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