Afrique · Comores · Océan Indien

David Stanley from Nanaimo, Canada (CC BY 2.0)

XIIᵉ siècle – XIXᵉ siècle

Sultanats des Comores

Des sultans batailleurs, et un archipel que la rivalité a laissé sans unité

Langue Comorien (shikomori) ; arabe des lettrés
Capitale Sima puis Domoni et Mutsamudu à Anjouan ; Iconi et Moroni à la Grande Comore
Dynasties Lignées chiraziennes (Qabilas) ; titre de mfalume, mafé ou mafani
Influence Archipel des Comores ; route commerciale entre l'Europe et l'empire omanais

I Le récit

Les sultanats des Comores naissent d'une immigration. Des lignées princières chiraziennes — les Qabilas —, venues de la côte swahilie après la chute de Chiraz, fondent les premiers sultanats et s'établissent dans les villes côtières fortifiées : Mutsamudu et Domoni à Anjouan, Fomboni à Mohéli, Moroni, Mitsamiouli, Itsandra et Iconi à la Grande Comore. Les sépultures musulmanes de la nécropole de Bagamoyo, à Mayotte, témoignent du passage de ces marchands persans.

La plus ancienne mosquée de l'archipel se trouve à Anjouan, sur le site du vieux Sima, et daterait du XIIᵉ siècle. L'islam qu'on y pratique alors est fortement marqué par le chiisme persan — d'où les sépultures dans l'axe du mihrab, marque du culte du saint fondateur. L'islam sunnite chafiite ne s'impose dans le sud-ouest de l'océan Indien qu'à partir du XIVᵉ siècle. Sima devient la première capitale du sultanat chirazi d'Anjouan.

En 1506, une flotte chirazienne commandée par Mohamed ben Haïssa aborde l'archipel et en bouleverse la vie économique et sociale. Des manuscrits en caractères arabes notent dès lors l'arabe, le comorien ou le swahili, et permettent de reconstituer les généalogies particulièrement complexes des clans et des sultanats.

Le pouvoir n'est jamais unifié, et c'est le fait décisif. À la Grande Comore, plusieurs sultanats coexistent, leurs chefs accordant une préséance honorifique à l'un d'entre eux, le sultan Tibé ; à Anjouan, trois lignages royaux se partagent Mutsamudu, Ouani et Domoni. Les XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles sont prospères — l'archipel est idéalement placé sur la route commerciale entre l'Europe et l'empire omanais — mais la rivalité entre sultans dits batailleurs empêche les Comores de former un pays uni capable de tenir tête aux menaces extérieures. Cette prospérité en reste précaire. Anjouan, « la plus arabe des îles », finit par contrôler peu ou prou Mohéli et tentera régulièrement d'étendre son pouvoir sur Mayotte jusqu'au XIXᵉ siècle.

Réserve de méthode — cette fiche ne repose que sur une famille de sources. Les listes de sultans d'Anjouan, de Mohéli, de Mayotte et de la Grande Comore existent et devront être confrontées avant publication.

II Histoire

Les Qabilas et les premiers sultanats

Des lignées princières chiraziennes venues de la côte swahilie fondent les sultanats et s'installent dans les villes côtières fortifiées de l'archipel.

XIIᵉ siècle — la mosquée de Sima

La plus ancienne mosquée de l'archipel, à Anjouan, témoigne d'un islam marqué par le chiisme persan ; Sima devient la première capitale du sultanat chirazi d'Anjouan.

1506 — la flotte de Mohamed ben Haïssa

Elle bouleverse la vie économique et sociale ; les manuscrits en caractères arabes permettent dès lors de reconstituer les généalogies des sultanats.

XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles — une prospérité précaire

L'archipel prospère sur la route entre l'Europe et l'empire omanais, mais la rivalité des sultans batailleurs l'empêche de former un pays uni.

VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs

Comores (pays) — Wikipédia reference Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Comores_%28pays%29
Comoros — Wikipédia (anglais) reference Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Comoros

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