Afrique · Tunisie · Lieux de patrimoine
Kairouan · 670 (fondation) ; état actuel pour l'essentiel du IXᵉ siècle aghlabide · Comprise dans le bien « Kairouan », patrimoine mondial depuis 1988
Grande Mosquée de Kairouan
Fondation aghlabide, centre intellectuel majeur
NatureMosquée — plus ancien lieu de culte musulman du Maghreb
RoyauteDynastie aghlabide pour l'état actuel
FondationVers 670, par Oqba Ibn Nafi
ProtectionBien « Kairouan », patrimoine mondial UNESCO (1988)
I Le récit
La Grande Mosquée de Kairouan — mosquée Oqba Ibn Nafi — est le plus ancien lieu de culte musulman du Maghreb et la matrice de son architecture religieuse. Fondée vers 670 avec la ville elle-même, elle est reconstruite et portée à sa forme actuelle au IXᵉ siècle sous les Aghlabides, qui font de Kairouan la capitale de l'Ifriqiya.
Son plan a fait école : vaste cour rectangulaire bordée de portiques, salle de prière hypostyle à dix-sept nefs, minaret carré à trois registres qui passe pour le plus ancien conservé du monde musulman. Les colonnes de la salle de prière proviennent en grande partie de monuments antiques réemployés — Carthage et les villes romaines d'Ifriqiya ont fourni ce que les carrières n'avaient pas à donner. Le mihrab est revêtu de carreaux de faïence lustrée venus de Bagdad, et le minbar de bois sculpté du IXᵉ siècle est tenu pour le plus ancien conservé au monde.
Kairouan n'a pas été qu'un chantier : c'est de cette mosquée qu'est parti le rayonnement intellectuel qui fait de la ville, aux IXᵉ et Xᵉ siècles, l'un des grands centres de l'enseignement du droit malikite. La ville est restée le principal foyer spirituel du Maghreb bien après avoir cessé d'être une capitale politique.
La mosquée est comprise dans le bien « Kairouan » inscrit au patrimoine mondial en 1988, avec la médina, la mosquée des Trois-Portes et les bassins aghlabides.
Son plan a fait école : vaste cour rectangulaire bordée de portiques, salle de prière hypostyle à dix-sept nefs, minaret carré à trois registres qui passe pour le plus ancien conservé du monde musulman. Les colonnes de la salle de prière proviennent en grande partie de monuments antiques réemployés — Carthage et les villes romaines d'Ifriqiya ont fourni ce que les carrières n'avaient pas à donner. Le mihrab est revêtu de carreaux de faïence lustrée venus de Bagdad, et le minbar de bois sculpté du IXᵉ siècle est tenu pour le plus ancien conservé au monde.
Kairouan n'a pas été qu'un chantier : c'est de cette mosquée qu'est parti le rayonnement intellectuel qui fait de la ville, aux IXᵉ et Xᵉ siècles, l'un des grands centres de l'enseignement du droit malikite. La ville est restée le principal foyer spirituel du Maghreb bien après avoir cessé d'être une capitale politique.
La mosquée est comprise dans le bien « Kairouan » inscrit au patrimoine mondial en 1988, avec la médina, la mosquée des Trois-Portes et les bassins aghlabides.
II Histoire
v. 670 — la fondation
La mosquée naît avec la ville, poste avancé de la conquête arabe en Ifriqiya.
IXᵉ siècle — la forme aghlabide
Reconstruction qui fixe le plan actuel : cour à portiques, salle hypostyle, minaret carré.
Le réemploi antique
Les colonnes viennent en grande partie des monuments romains d'Ifriqiya, Carthage comprise.
Un foyer de droit
Aux IXᵉ et Xᵉ siècles, Kairouan est l'un des grands centres de l'enseignement malikite.
1988 — l'inscription
La mosquée est comprise dans le bien « Kairouan » inscrit au patrimoine mondial.