Afrique · Égypte · Afrique du Nord

Diego Delso (CC BY-SA 4.0)

v. 1550 – v. 1069 av. J.-C. (XVIIIᵉ–XXᵉ dynasties)

Nouvel Empire

L'âge d'empire de l'Égypte antique : Thèbes, la Vallée des Rois et Abou Simbel

Langue Égyptien ancien (hiéroglyphes, hiératique)
Capitale Thèbes (Louxor actuelle), ville du dieu Amon
Dynasties XVIIIᵉ, XIXᵉ et XXᵉ dynasties
Influence v. 1550 – v. 1069 av. J.-C. (source MoTA)

I Le récit

Le Nouvel Empire est la période que le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités (MoTA) qualifie d'« âge d'empire » de l'Égypte (« Egypt's age of empire », c. 1550–1069 av. J.-C.). Il couvre les XVIIIᵉ, XIXᵉ et XXᵉ dynasties. Thèbes (Louxor actuelle), ville du dieu Amon, en est la capitale : selon l'UNESCO, « Thèbes, la ville du dieu Amon, était la capitale de l'Égypte au Moyen et au Nouvel Empire ». C'est l'époque de Hatchepsout, la reine devenue pharaon ; d'Akhenaton et de sa réforme religieuse autour d'Aton ; de Toutânkhamon, dont la tombe KV62 fut retrouvée quasi intacte en 1922 ; de Séthi Iᵉʳ et de Ramsès II, bâtisseur d'Abou Simbel et signataire, avec les Hittites, du plus ancien traité de paix connu dont les deux versions ont survécu. Les rois de ces trois dynasties abandonnent la pyramide au profit de tombes creusées et dissimulées dans la Vallée des Rois, sur la rive ouest de Thèbes. Deux ensembles du Nouvel Empire sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979 : « Thèbes antique et sa nécropole » et les « Monuments de Nubie d'Abou Simbel à Philae ». Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, le Grand Egyptian Museum (GEM), à Gizeh, expose pour la première fois depuis sa découverte l'intégralité de la collection de Toutânkhamon.

II Histoire

Hatchepsout, la reine qui devint pharaon (c. 1473–1458 av. J.-C.)
Hatchepsout, la reine qui devint pharaon (c. 1473–1458 av. J.-C.)

Cinquième souveraine de la XVIIIᵉ dynastie, Hatchepsout est désignée par le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités comme « the queen who became pharaoh » — la reine qui devint pharaon. Elle fait bâtir à Deir el-Bahari, sur la rive ouest de Louxor et face à Karnak, un temple funéraire conçu par son intendant en chef d'Amon, Senenmout : Djeser-djeseru, « le Saint des Saints », étagé sur trois niveaux à colonnades. Elle y fait inscrire, sur les parois du portique de la plate-forme médiane, sa légitimation politique et son fait marquant. D'un côté, elle expose qu'elle est la souveraine légitime d'Égypte : non seulement son père Thoutmôsis Iᵉʳ l'aurait désignée comme héritière, mais son véritable père serait le dieu Amon lui-même. De l'autre côté figure le récit de son expédition au pays de Pount, que le MoTA situe « près de l'Érythrée actuelle » — c'est-à-dire sur la côte africaine de la mer Rouge — avec ses habitants, leurs habitations, leur environnement, ainsi que les richesses et animaux exotiques rapportés. Le temple porte aussi des reliefs montrant le transport de ses obélisques depuis la carrière jusqu'à Karnak : le plus grand des deux qui s'y dressent encore atteint, selon le MoTA, près de 30 mètres pour plus de 300 tonnes.

Akhenaton et Amarna : la parenthèse atonienne (XVIIIᵉ dynastie)
Akhenaton et Amarna : la parenthèse atonienne (XVIIIᵉ dynastie)

Amenhotep IV, qui prend le nom d'Akhenaton, rompt avec le clergé d'Amon de Thèbes et impose le culte d'Aton, le disque solaire. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités atteste concrètement cette rupture au cœur même du sanctuaire d'Amon : parmi les zones du complexe de Karnak, il recense, à l'est, « le temple d'Akhenaton dédié à Aton ». Le rapport de force qui rend cette réforme compréhensible est décrit par le même ministère : c'est dans le Grand Temple d'Amon à Karnak qu'était conduit le culte du dieu, « aussi le temple était-il extrêmement riche et son clergé détenait-il un grand pouvoir politique ». Le roi transfère sa capitale à Akhetaton (l'actuelle Tell el-Amarna), site qui a livré une statuaire et un art figuratif de style radicalement nouveau. La parenthèse est refermée par ses successeurs : le MoTA note que le décor de la Grande Colonnade de Louxor, avec ses scènes de la fête d'Opet — fête d'Amon par excellence —, est achevé sous Toutânkhamon (c. 1336–1327) et Horemheb (c. 1323–1295), signe du retour au culte thébain traditionnel.

Toutânkhamon : KV62, Howard Carter (1922) et le Grand Egyptian Museum
Toutânkhamon : KV62, Howard Carter (1922) et le Grand Egyptian Museum

⚠️ ENTRÉE ISSUE D'UNE FUSION : l'entrée « Toutânkhamon » de la liste initiale n'a pas de fiche propre ; elle est documentée ici. — Toutânkhamon règne c. 1336–1327 av. J.-C., à la fin de la XVIIIᵉ dynastie, au moment du retour au culte thébain d'Amon : le MoTA note que c'est sous lui, puis sous Horemheb, que fut achevé le décor de la Grande Colonnade du temple de Louxor, avec ses scènes de la fête d'Opet. Il fut inhumé dans la Vallée des Rois, dans la tombe référencée KV62. Le 4 novembre 1922, un jeune ouvrier égyptien travaillant pour l'archéologue britannique Howard Carter met au jour la première marche d'un escalier descendant vers la tombe. L'Institut Griffith de l'université d'Oxford, qui conserve « les archives de fouille complètes de Howard Carter pour la découverte de la tombe de Toutânkhamon », précise que le dégagement dura dix ans et que 5 398 objets furent trouvés dans la tombe, auxquels Carter attribua les numéros 1 à 620 — beaucoup de ces numéros désignant des groupes d'objets. Les fouilles furent photographiées par Harry Burton ; les archives complètes furent déposées à l'Institut Griffith peu après la mort de Carter par sa nièce, Miss Phyllis Walker. LA « MALÉDICTION » EST UN MYTHE, PAS UN FAIT : elle a été testée scientifiquement. Dans une étude de cohorte historique publiée par le BMJ le 21 décembre 2002, Mark R. Nelson (département d'épidémiologie et de médecine préventive, université Monash) a suivi les Occidentaux identifiés autour de l'ouverture de la tombe : 25 exposés et 19 non exposés. L'âge moyen au décès était de 70 ans (écart-type 12) chez les exposés contre 75 ans (écart-type 13) chez les non-exposés, et la survie moyenne après exposition de 20,8 ans contre 28,9 ans. L'auteur conclut à l'absence d'association significative et écrit qu'il n'existe « aucune preuve étayant l'existence d'une malédiction de la momie ». ACTUALITÉ MAJEURE : depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, le trésor est réuni au Grand Egyptian Museum (GEM) de Gizeh. L'UNESCO indique que la collection complète du roi Toutânkhamon y est exposée « pour la première fois depuis sa découverte », au sein d'un musée d'environ 100 000 artefacts couvrant sept millénaires, sur plus de 500 000 m², « le plus grand musée archéologique au monde consacré à une seule civilisation ».

Séthi Iᵉʳ (c. 1294–1279 av. J.-C.) et l'apogée du décor royal
Séthi Iᵉʳ (c. 1294–1279 av. J.-C.) et l'apogée du décor royal

Deuxième roi de la XIXᵉ dynastie et père de Ramsès II, Séthi Iᵉʳ est daté par le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités de c. 1294–1279 av. J.-C. Son rôle bâtisseur est attesté au cœur de Karnak : le MoTA indique que si la Grande Salle hypostyle « a peut-être été commencée par Amenhotep III (c. 1390–1352 av. J.-C. ; XVIIIᵉ dynastie), l'essentiel de la construction et la totalité du décor sont l'œuvre des rois de la XIXᵉ dynastie Séthi Iᵉʳ (c. 1294–1279) et de son fils Ramsès II (c. 1279–1213) ». C'est donc sous son règne que prend forme la « forêt de 134 colonnes » de 15 mètres — 21 mètres pour les douze colonnes centrales — qui constitue l'un des ensembles les plus célèbres de l'architecture égyptienne. Il est inhumé dans la Vallée des Rois, dans la tombe KV17, réputée pour l'ampleur de son programme décoratif : ses parois portent des reliefs peints de grande finesse dont les couleurs d'origine sont conservées.

Ramsès II, Qadesh et le plus ancien traité de paix conservé
Ramsès II, Qadesh et le plus ancien traité de paix conservé

⚠️ ENTRÉE ISSUE D'UNE FUSION : l'entrée « Ramsès II » de la liste initiale n'a pas de fiche propre ; elle est documentée ici. — Ramsès II, dit le Grand, troisième roi de la XIXᵉ dynastie, règne selon le MoTA c. 1279–1213 av. J.-C. Bâtisseur : il achève, avec son père Séthi Iᵉʳ, la Grande Salle hypostyle de Karnak ; il ajoute au temple de Louxor une cour à péristyle, un pylône massif, de nombreux colosses et une paire d'obélisques de 25 mètres — dont un seul demeure en place, l'autre étant place de la Concorde à Paris depuis 1836. En Nubie, il fait tailler dans la roche vive, vers 1264 av. J.-C., le Grand Temple d'Abou Simbel à la façade de quatre colosses assis, et le Petit Temple dédié à Hathor et à son épouse Nefertari, dont les colosses sont « de la même taille que ceux de son époux, exemple très rare d'une telle mise en scène » (MoTA). QADESH ET LE TRAITÉ : la bataille de Qadesh, généralement datée de 1274 av. J.-C., oppose l'Égypte de Ramsès II à l'Empire hittite de Muwatalli II ; elle ne fait pas de vainqueur net. Le conflit se poursuit de façon indécise pendant une quinzaine d'années avant la conclusion, vers 1259 av. J.-C., du traité de paix égypto-hittite entre Ramsès II et Ḫattušili III — dit « Traité éternel » ou « Traité d'argent ». C'est le plus ancien traité de paix connu ayant survécu, et le seul du Proche-Orient ancien dont les versions des deux parties nous soient parvenues : une version égyptienne, gravée en hiéroglyphes, et une version hittite sur tablette d'argile en akkadien retrouvée à Boğazköy (Hattusa), aujourd'hui au Musée de l'Orient ancien d'Istanbul. Le texte du traité ne mentionne pas la bataille de Qadesh, bien qu'on l'appelle parfois « traité de Qadesh ». L'Organisation des Nations unies en conserve une reproduction, offerte par la Turquie, exposée à son siège.

Le sauvetage d'Abou Simbel par l'UNESCO (1964–1968)
Le sauvetage d'Abou Simbel par l'UNESCO (1964–1968)

La construction du haut barrage d'Assouan menaçait de submerger les monuments de Nubie. L'UNESCO lance en 1960 la Campagne internationale pour la sauvegarde des monuments de Nubie, qui se poursuivra jusqu'en 1980 et portera sur 22 monuments de Basse-Nubie, en Égypte du Sud et au Soudan du Nord, avec le concours d'une coalition d'une cinquantaine de pays. Le chantier d'Abou Simbel débute en 1964 : une équipe multinationale d'archéologues, d'ingénieurs et d'opérateurs d'engins lourds découpe le site en blocs — jusqu'à 30 tonnes, 20 tonnes en moyenne —, le démonte, le soulève et le remonte 65 mètres plus haut et 200 mètres en retrait du fleuve, pour un coût d'environ 40 millions de dollars. Une notice des Archives de l'UNESCO datée du 22 septembre 1968 confirme que « les travaux de reconstruction des Grand et Petit Temples d'Abou-Simbel ont été terminés en septembre 1968 » sur leurs nouveaux sites surélevés. Le complexe déplacé est officiellement inauguré le 22 septembre 1968 devant 500 personnes, parmi lesquelles le ministre égyptien de la Culture Tharwat Okasha, l'égyptologue Christiane Desroches Noblecourt, le directeur général de l'UNESCO René Maheu et le prince Sadruddin Aga Khan. Ce sauvetage a une portée qui dépasse l'Égypte : il est à l'origine de la Convention du patrimoine mondial de 1972 et donc du système des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le MoTA confirme : « les deux temples furent déplacés de leur emplacement d'origine en 1968 après la construction du haut barrage d'Assouan […] grâce à un effort international mené par l'UNESCO, et le temple fut admis sur sa liste des sites du patrimoine mondial en 1979 ».

III Monuments

Karnak (Ipet-Sut, « Le plus sélect des lieux »)
Karnak (Ipet-Sut, « Le plus sélect des lieux ») Rive est de Thèbes (Louxor), Haute-Égypte

Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités décrit Karnak comme « l'un des sites les plus importants de tous » : ce n'est pas un temple mais un complexe de temples, articulé autour du Domaine d'Amon, avec au sud le Domaine de Mout, au nord celui de Montou et, à l'est, le temple d'Akhenaton dédié à Aton. Selon le MoTA, « presque chaque roi ayant régné pendant le Nouvel Empire (c. 1550–1069 av. J.-C.) y a laissé sa marque ». Sa Grande Salle hypostyle est « une forêt de 134 colonnes » de 15 mètres de haut, à l'exception des douze colonnes centrales, plus larges, qui culminent à 21 mètres ; elle a peut-être été commencée par Amenhotep III (c. 1390–1352 av. J.-C.) mais l'essentiel de la construction et la totalité du décor sont l'œuvre de Séthi Iᵉʳ (c. 1294–1279) et de son fils Ramsès II (c. 1279–1213). Le MoTA précise que l'obélisque d'Hatchepsout (c. 1473–1458), le plus grand des deux qui se dressent à proximité, atteint près de 30 mètres et pèse plus de 300 tonnes. Le complexe possède, exceptionnellement, un axe nord-sud en plus de l'axe est-ouest classique : il pointe vers le temple de Louxor, auquel Karnak était relié par une voie processionnelle bordée de sphinx empruntée lors de la fête d'Opet. Le lac sacré, où les prêtres se purifiaient avant les rituels, est toujours visible.

Temple de Louxor (Ipet-resyt, « Sanctuaire du Sud »)
Temple de Louxor (Ipet-resyt, « Sanctuaire du Sud ») Rive est de Thèbes (Louxor), à environ 3 km au sud de Karnak

Le MoTA indique que la plus ancienne trace du temple remonte à la XVIIIᵉ dynastie (c. 1550–1295 av. J.-C.) et que la structure existante la plus ancienne, un sanctuaire, date du règne d'Hatchepsout (c. 1473–1458). Contrairement à la plupart des temples égyptiens, Ipet-resyt n'est pas orienté est-ouest mais vers Karnak : c'était le lieu principal de la fête d'Opet. Le cœur du temple est bâti par Amenhotep III (c. 1390–1352), à qui l'on doit aussi la Grande Colonnade de deux rangées de sept colonnes colossales, dont le décor — notamment les scènes de la fête d'Opet — fut achevé sous Toutânkhamon (c. 1336–1327) et Horemheb (c. 1323–1295). Ramsès II (c. 1279–1213) y ajouta une cour à péristyle et un pylône massif précédé de colosses et d'une paire d'obélisques de 25 mètres. Le MoTA précise qu'« un seul demeure en place ; l'autre est place de la Concorde à Paris depuis 1836 ». À la fin du IIIᵉ siècle apr. J.-C., les Romains construisirent un fort autour du temple.

Vallée des Rois
Vallée des Rois Rive ouest du Nil, face à Thèbes (Louxor)

Le MoTA explique que « les souverains des XVIIIᵉ, XIXᵉ et XXᵉ dynasties du prospère Nouvel Empire (c. 1550–1069 av. J.-C.) furent enterrés dans une vallée désertique et desséchée, de l'autre côté du fleuve par rapport à l'antique cité de Thèbes (Louxor actuelle) ». L'appellation n'est pas tout à fait exacte : des membres de la famille royale autres que le roi, et quelques personnages non royaux mais de très haut rang, y furent également inhumés. La vallée se divise en vallée Est — de loin la plus emblématique — et vallée Ouest, qui ne compte qu'une poignée de tombes. Au total, le MoTA recense « plus de soixante tombes et vingt autres inachevées, guère plus que des puits ». Le choix du site n'a rien de fortuit : la rive ouest est celle où le dieu solaire se couche (meurt) pour renaître à l'est, d'où sa connotation funéraire ; les tombes s'abritent sous un pic naturel en forme de pyramide, symbole de renaissance et signe du divin, consacré à Hathor « Maîtresse de l'Occident ». Ayant vu le sort des pyramides de l'Ancien et du Moyen Empire pillées, les Égyptiens optèrent pour des tombes souterraines dissimulées dans une vallée isolée. Le premier roi du Nouvel Empire dont l'inhumation dans la vallée est confirmée est Thoutmôsis Iᵉʳ (c. 1504–1492), troisième roi de la XVIIIᵉ dynastie ; le haut fonctionnaire Ineni, chargé des travaux, écrit : « J'ai supervisé le creusement de la tombe rupestre de Sa Personne [le roi] dans le secret ; nul ne voyant, nul n'entendant. »

Abou Simbel — Grand Temple de Ramsès II et Petit Temple de Nefertari
Abou Simbel — Grand Temple de Ramsès II et Petit Temple de Nefertari Nubie, gouvernorat d'Assouan, près de la frontière sud de l'Égypte

Le MoTA présente le Grand Temple d'Abou Simbel comme « l'un des monuments les plus impressionnants d'Égypte », taillé dans la roche vive par Ramsès II (XIXᵉ dynastie) « vers 1264 av. J.-C. ». Sa façade est dominée par quatre colosses assis, dont l'un s'est effondré lors d'un séisme antique — ses fragments gisent encore au sol. Des statues colossales debout du roi bordent la grande salle ; le sanctuaire abrite quatre divinités assises : Amon-Rê, Rê-Horakhty, Ptah et un Ramsès II divinisé. Le MoTA souligne que « le temple fut construit avec une telle précision que, deux jours par an, le 22 février et le 22 octobre, les rayons du soleil pénètrent dans le temple, traversent la grande salle et illuminent les statues les plus intérieures ». Au nord, le Petit Temple rupestre est dédié à la déesse Hathor et à Nefertari, Grande Épouse Royale de Ramsès II : sur sa façade, précise le ministère, « ses colosses sont de la même taille que ceux de son époux, exemple très rare d'une telle mise en scène ». Les deux temples ont été déplacés en 1968 après la construction du haut barrage d'Assouan, grâce à un effort international mené par l'UNESCO ; le site est inscrit au patrimoine mondial depuis 1979.

Temple funéraire d'Hatchepsout à Deir el-Bahari (Djeser-djeseru)
Temple funéraire d'Hatchepsout à Deir el-Bahari (Djeser-djeseru) Deir el-Bahari, rive ouest de Louxor, face à Karnak

Selon le MoTA, « Hatchepsout (c. 1473–1458 av. J.-C.), la reine qui devint pharaon, fit bâtir un temple magnifique à Deir el-Bahari, sur la rive ouest de Louxor », directement en face du temple de Karnak, sanctuaire principal d'Amon. Le temple, Djeser-djeseru (« le Saint des Saints »), fut conçu par Senenmout, intendant en chef d'Amon. Il comporte trois niveaux, chacun terminé par une colonnade ; au niveau supérieur, une cour ouverte s'étend au-delà du portique, où des statues momiformes d'Hatchepsout en Osiris s'adossent aux piliers — car il s'agit de son temple funéraire, lieu de son culte après sa mort. Le temple abrite aussi des sections pour le culte de son père Thoutmôsis Iᵉʳ, d'Hathor et d'Anubis, ainsi qu'un autel à ciel ouvert dédié à Rê-Horakhty. Les parois portent des reliefs peints représentant rituels, fêtes religieuses et même le transport des obélisques de la carrière jusqu'à Karnak. Le MoTA signale que les reliefs du portique de la plate-forme médiane sont particulièrement remarquables : à gauche, l'expédition d'Hatchepsout au pays de Pount, « que l'on croit situé près de l'Érythrée actuelle », avec ses habitants, leurs habitations, leur environnement, les richesses et les animaux exotiques rapportés ; de l'autre côté, Hatchepsout expose comment elle est la souveraine légitime d'Égypte, en affirmant à la fois que son père l'avait désignée comme héritière et que son véritable père n'était autre que le dieu Amon.

IV Rites

La fête d'Opet

Annuelle, sous le Nouvel Empire (rituel antique, non pratiqué aujourd'hui) — Le MoTA la décrit comme « l'une des célébrations religieuses les plus importantes de l'Égypte antique » et explique l'orientation atypique du temple de Louxor : « les images cultuelles d'Amon, de son épouse Mout et de leur fils, le dieu lunaire Khonsou, étaient sorties de leurs temples à Karnak et transportées en une grande procession jusqu'au temple de Louxor afin qu'ils puissent rendre visite au dieu qui y réside, Amenemopet ». Karnak et Louxor étaient reliés à cette fin par une voie processionnelle bordée de sphinx. Les scènes de la fête d'Opet décorent la Grande Colonnade d'Amenhotep III à Louxor ; leur décor fut achevé sous Toutânkhamon et Horemheb.

Purification des prêtres au lac sacré de Karnak

Quotidienne, avant les rituels du temple — Le MoTA indique que le Domaine d'Amon à Karnak comprend « le magnifique lac sacré, où les prêtres se purifiaient avant d'accomplir les rituels du temple », et précise qu'il « peut encore être apprécié aujourd'hui ». Le lac fait partie des éléments toujours visibles du complexe, aux côtés du temple de Khonsou et du temple d'Opet, déesse hippopotame de l'accouchement.

Inhumation royale secrète dans la Vallée des Rois

XVIIIᵉ–XXᵉ dynasties (v. 1550–1069 av. J.-C.) — Rupture majeure avec la pratique antérieure : les rois du Nouvel Empire renoncent à la pyramide monumentale au profit de tombes souterraines creusées et dissimulées. Le MoTA explique que « les pillages de tombes se produisaient déjà dans l'Antiquité ; les Égyptiens en étaient conscients, ayant vu le sort des pyramides de l'Ancien et du Moyen Empire, et ils optèrent donc pour des tombes cachées, souterraines, dans une vallée désertique retirée ». Le secret faisait partie du rituel : Ineni, responsable du creusement de la tombe de Thoutmôsis Iᵉʳ, écrit avoir supervisé les travaux « dans le secret ; nul ne voyant, nul n'entendant ». Le lieu lui-même est chargé de sens religieux : rive ouest, celle où le soleil meurt pour renaître, sous un pic naturel en forme de pyramide, symbole de renaissance, dans un secteur consacré à Hathor « Maîtresse de l'Occident ».

Culte funéraire royal dans le temple de millions d'années

XVIIIᵉ–XXᵉ dynasties — Le temple funéraire est le lieu où le culte du souverain est célébré après sa mort. Le MoTA le formule à propos de Djeser-djeseru : les statues momiformes d'Hatchepsout en Osiris, dieu des morts, adossées aux piliers de la cour supérieure, s'expliquent par le fait qu'il s'agit de « son temple funéraire, où son culte était pratiqué après sa mort, quand elle eut atteint l'état bienheureux d'Osiris ». Le temple n'était pas dédié à elle seule : il comprenait aussi des sections pour le culte de son père Thoutmôsis Iᵉʳ, de la déesse Hathor et du dieu funéraire Anubis, ainsi qu'un autel ouvert sur le ciel et le soleil consacré au culte solaire de Rê-Horakhty.

V Expériences

🏛️ Visiter les galeries Toutânkhamon au Grand Egyptian Museum

Grand Egyptian Museum, plateau de Gizeh, Le Caire… · Toute l'année. Dim–ven (hors mer.) galeries… — Le GEM a été inauguré le 1ᵉʳ novembre 2025 et ouvert au public le 4 novembre 2025.

⚱️ Descendre dans les tombes de la Vallée des Rois

Vallée des Rois, rive ouest du Nil, Louxor, Égypte · Toute l'année, tous les jours de 6h00 à 17h00 — La nécropole des rois des XVIIIᵉ, XIXᵉ et XXᵉ dynasties, sur la rive ouest face à Louxor, compte plus de soixante tombes et une vingtaine d'autres…

🏛️ Parcourir Karnak et son musée de plein air

Complexe de Karnak, rive est, Louxor, Égypte · Toute l'année, tous les jours de 6h00 à 17h00 — Le complexe de temples d'Amon, de Mout et de Montou, où « presque chaque roi ayant régné pendant le Nouvel Empire a laissé sa marque » (MoTA) : la…

☀️ Assister au festival solaire d'Abou Simbel

Temples d'Abou Simbel, gouvernorat d'Assouan, Nubie… · Site ouvert toute l'année de 6h00 à 17h00… — Deux fois par an, les 22 février et 22 octobre, les rayons du soleil pénètrent dans le Grand Temple de Ramsès II, traversent la grande salle et…

🚢 Voir les reliefs de l'expédition au pays de Pount à Deir el-Bahari

Temple d'Hatchepsout, Deir el-Bahari, rive ouest… · Toute l'année, tous les jours de 6h00 à 17h00 — Le temple funéraire d'Hatchepsout, Djeser-djeseru, conçu par Senenmout, se visite sur la rive ouest de Louxor.

VI La fête

Festival solaire d'Abou Simbel (illumination du sanctuaire) Deux fois par an : 22 février et 22 octobre

Phénomène astronomique et fête populaire, sur le site du Grand Temple de Ramsès II (Assouan)

VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs

Nouvel Empire — Wikipédia reference Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_Empire
New Kingdom of Egypt — Wikipédia (anglais) reference Source : https://en.wikipedia.org/wiki/New_Kingdom_of_Egypt

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