Des Phéniciens de Tyr s'établissent sur le golfe de Tunis. La légende de Didon est la version la plus admise, et celle qu'a reprise la Tunisie indépendante.
Afrique · Tunisie · Afrique du Nord
Christian Manhart
Carthage punique
Cité-royaume rivale de Rome dans l'Antiquité
I Le récit
L'Afrique du Nord n'est d'abord, pour les Phéniciens, qu'une étape sur la route des métaux d'Espagne. Carthage prend peu à peu l'ascendant sur les autres cités phéniciennes de la Méditerranée occidentale, essaime à son tour, et développe une civilisation propre — la civilisation punique — née de la fusion entre l'apport oriental des colons et la culture autochtone des Libyens. Elle en gardera toujours un aspect oriental marqué, au point qu'il n'est pas simple, dans les fouilles, de distinguer ce qui relève du punique de ce qui relève du phénicien.
Sa puissance est maritime et commerciale avant d'être militaire : comptoirs, monnaie, flotte, réseaux jusqu'à l'Atlantique. « Par leur puissance, ils égalèrent les Grecs ; par leur richesse, les Perses », écrit Appien. Le heurt avec Rome tient en trois guerres puniques, sur plus d'un siècle, et se conclut en 146 avant notre ère par la destruction de la ville.
Cette destruction est le fait central pour qui veut écrire l'histoire de Carthage. Toute la littérature punique a disparu. Les sources écrites dont on dispose sont secondaires, lacunaires, et proviennent des peuples qui l'ont combattue ; le préjugé de la punica fides, hérité d'une longue méfiance grecque envers les Phéniciens, a durablement pesé sur l'historiographie. Ce que l'on sait de mieux vient donc du sol : les fouilles, dynamiques depuis les années 1970, ont ouvert de vastes champs d'étude et fait apparaître l'unité de cette civilisation par-delà ses particularismes locaux. Le site archéologique de Carthage est inscrit au patrimoine mondial depuis 1979 ; ses vestiges puniques, phéniciens, romains, vandales, paléochrétiens et arabes se superposent sur la même colline.
II Histoire
L'apport oriental des colons se mêle à la culture libyenne autochtone : c'est le punique, jamais tout à fait détaché du phénicien.
Comptoirs, monnaie et flotte font de Carthage la première puissance marchande de la Méditerranée occidentale.
Plus d'un siècle d'affrontement avec Rome, jusqu'à la destruction de la ville en 146.
Les vestiges puniques, romains, paléochrétiens et arabes se superposent sur le site archéologique inscrit au patrimoine mondial.
III Monuments
Ce qui subsiste de la cité punique sur le golfe de Tunis : ports circulaire et rectangulaire, tophet, quartiers d'habitation, et par-dessus les couches romaines qui ont suivi la destruction de 146 av. J.-C. Inscrit au patrimoine mondial en 1979.
VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs
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