Afrique · Tunisie · Afrique du Nord

Bernard Gagnon (CC BY-SA 3.0)

800-909 (184-296 de l'Hégire)

Dynastie aghlabide

Les émirs de Kairouan : un siècle d'autonomie africaine sous suzeraineté abbasside, de la Grande Mosquée aux rivages de Sicile.

Langue Arabe (langue de l'État et du savoir) ; parlers berbères
Capitale Kairouan (résidences princières : al-Abbassiya, Raqqada)
Dynasties Aghlabides (Banū al-Aghlab), émirs arabes héréditaires
Influence 800-909 apr. J.-C. (184-296 H), 11 émirs

I Le récit

Les Aghlabides (Banū al-Aghlab) gouvernent l'Ifrīqiya — la Tunisie actuelle et ses marges algérienne et libyenne — de 800 à 909, depuis Kairouan. En 800, le calife abbasside Hārūn al-Rachīd nomme Ibrāhīm ibn al-Aghlab émir héréditaire de la province : le statut est celui d'une autonomie de fait — armée, fisc, monnaie, succession dynastique — mais jamais d'une indépendance proclamée. La suzeraineté abbasside reste inscrite dans le tribut annuel versé à Bagdad, dans la khutba du vendredi et sur les monnaies d'or frappées à Kairouan, qui portent les formules du calife. Ce cadre ambigu autorise un siècle de floraison : la Grande Mosquée de Kairouan reconstruite au IXᵉ siècle devient le modèle de toute l'architecture maghrébine et andalouse, les bassins des Aghlabides comptent parmi les plus grands ouvrages hydrauliques du monde musulman médiéval, l'école juridique malikite fait de Kairouan la capitale intellectuelle du Maghreb, et la flotte partie de Sousse en 827 ouvre la conquête de la Sicile. En mars 909, les Berbères Kutama ralliés au missionnaire ismaélien Abū ʿAbd Allāh al-Chīʿī défont la dernière armée aghlabide : Ziyādat Allāh III fuit, Kairouan et Raqqada tombent, et les Fatimides s'installent en Ifrīqiya.

II Histoire

800 — Ibrāhīm ibn al-Aghlab, émir héréditaire : l'autonomie sans l'indépendance
800 — Ibrāhīm ibn al-Aghlab, émir héréditaire : l'autonomie sans l'indépendance

En 800, face à l'anarchie qui régnait dans la province, le calife abbasside Hārūn al-Rachīd nomme Ibrāhīm Ier ibn al-Aghlab émir héréditaire d'Ifrīqiya. Le statut est précis et il faut l'énoncer exactement : indépendante en tout sauf le nom, la dynastie n'a jamais cessé de reconnaître la suzeraineté abbasside. Elle versait un tribut annuel au calife et faisait mentionner celui-ci dans la khutba du vendredi. Les Aghlabides gouvernaient donc une Ifrīqiya couvrant la Tunisie actuelle et l'est de l'Algérie, avec Kairouan pour capitale, tout en frappant des monnaies d'or portant les formules califales — la preuve matérielle, encore lisible aujourd'hui, de cette souveraineté déléguée. Onze émirs se succèdent en un peu plus d'un siècle. Ibrāhīm Ier (800-812), énergique et cultivé, fonde la cité princière d'al-Abbassiya, où il installe sa résidence à l'écart d'une capitale dominée par les juristes malikites.

827 — la flotte de Sousse et la conquête de la Sicile
827 — la flotte de Sousse et la conquête de la Sicile

En juin 827, une flotte dépêchée par l'émir Ziyādat Allāh Ier depuis l'Ifrīqiya débarque à Mazara del Vallo, sur la côte sud-ouest de la Sicile byzantine : c'est le premier établissement musulman durable dans l'île. Le commandement en avait été confié à Asad ibn al-Furāt, éminent juriste malikite et cadi de Kairouan sans expérience militaire, qui avait emporté l'adhésion du conseil réuni à Kairouan. Le mobile était autant intérieur qu'extérieur : Ziyādat Allāh Ier autorisa l'invasion pour détourner vers l'extérieur l'énergie de troupes arabes et berbères turbulentes, qui menaçaient en permanence la stabilité de l'Ifrīqiya — il venait d'ailleurs de briser la révolte de la soldatesque arabe. Les forces rassemblées comptaient plus de 10 000 fantassins, 700 cavaliers et une flotte de 70 navires de guerre partie de Sousse, recrutées parmi Arabes, Berbères (dont Hawwara et Kutama), Andalous, et encadrées par des fuqaha qui donnaient à l'entreprise le cadre du jihad. La victoire de Mazara, le 15 juillet 827, assure la tête de pont ; la conquête, lente et disputée, se poursuivra sur des décennies. Les Aghlabides frapperont monnaie en Sicile, à Palerme comme, plus tard, en Sicile orientale.

836-863 — la Grande Mosquée de Kairouan reconstruite : ce qui est aghlabide
836-863 — la Grande Mosquée de Kairouan reconstruite : ce qui est aghlabide

Le chantier qui donne à l'islam maghrébin son édifice matriciel. Fondée par Oqba Ibn Nafi en 670, la mosquée avait déjà été détruite puis rebâtie à plusieurs reprises quand Ziyādat Allāh Ier la reconstruit en 221-226 H / 836-841 : c'est lui qui lui donne, selon l'AMVPPC, « sa morphologie et son plan définitifs ». L'édifice que l'on visite aujourd'hui est donc, pour l'essentiel, aghlabide — la fondation du VIIᵉ siècle relève de l'histoire du lieu, non de la pierre visible. Abū Ibrāhīm Ahmad prolonge l'œuvre en 862-863 en ajoutant trois travées au nord de la salle de prière et la coupole du portique ; à lui se rattache le minbar de bois de 862, tenu pour le plus ancien minbar conservé au monde. Ibrāhīm II ajoute à son tour trois travées à partir de 875 et double les galeries sur trois côtés, réduisant d'autant la cour. L'UNESCO retient la mosquée au titre du critère (i) comme « un chef-d'œuvre architectural universel » et note, au critère (ii), qu'elle « a servi de modèle à plusieurs mosquées maghrébines, en particulier pour ses motifs décoratifs, qui sont uniques ».

856-863 — Abū Ibrāhīm Ahmad, l'émir bâtisseur : l'eau, la pierre et le livre
856-863 — Abū Ibrāhīm Ahmad, l'émir bâtisseur : l'eau, la pierre et le livre

Le règne d'Abū Ibrāhīm Ahmad (856-863) concentre l'âge d'or matériel de la dynastie : Britannica le retient comme l'émir « qui commanda de nombreux travaux publics ». C'est lui qui fait édifier, entre 246 et 248 H / 860 et 862, les bassins de Kairouan — deux bassins communicants dont le plus grand atteint 128 m de diamètre pour plus de 57 000 m³ —, pièce maîtresse d'un réseau d'une quinzaine de bassins extra-muros. C'est encore lui qui, en 862-863, agrandit la salle de prière de la Grande Mosquée et lui donne son minbar. Au même moment, Kairouan devient le principal foyer intellectuel du Maghreb : les Aghlabides y établissent, à la Grande Mosquée, une université qui enseigne la pensée islamique comme les sciences profanes, et la mosquée constitue une bibliothèque coranique dont les feuillets sur parchemin — parmi lesquels ceux du Coran bleu — sont aujourd'hui conservés au Musée national d'art islamique de Raqqada. La mosquée des Trois Portes, bâtie en 866, offre pour sa part la plus ancienne façade sculptée connue de l'art musulman.

909 — la chute : les Kutama, Abū ʿAbd Allāh al-Chīʿī et les Fatimides
909 — la chute : les Kutama, Abū ʿAbd Allāh al-Chīʿī et les Fatimides

Le déclin s'amorce sous Ibrāhīm II (875-902). Dès 893, le missionnaire ismaélien Abū ʿAbd Allāh al-Chīʿī, actif au Yémen puis en Afrique du Nord, entreprend de convertir et d'unifier une grande partie des Berbères Kutama et les lance, de 902 à 909, à la conquête de l'Ifrīqiya. Le 25 février 909, Abū ʿAbd Allāh quitte Ikjan pour l'assaut final sur Kairouan. Le 18 mars, la dernière armée aghlabide, commandée par le prince Ibrāhīm ibn Abī al-Aghlab, l'affronte près d'al-Aribus : la bataille dure jusqu'à l'après-midi, jusqu'à ce qu'un contingent de cavaliers kutama parvienne à déborder l'aile aghlabide et provoque la déroute. Le dernier émir, Ziyādat Allāh III, prend le chemin de l'exil ; Kairouan tombe, ainsi que la cité princière de Raqqada, sécurisée le 24 mars par une avant-garde de cavaliers kutama envoyée pour faire cesser le pillage. Le 25 mars 909, Abū ʿAbd Allāh entre lui-même à Raqqada et s'y installe. Un siècle d'émirat aghlabide s'achève : l'Ifrīqiya passe au califat fatimide de l'imam-calife ʿAbd Allāh al-Mahdī Billāh.

III Monuments

Grande Mosquée de Kairouan (mosquée Oqba Ibn Nafi / Sidi Okba)
Grande Mosquée de Kairouan (mosquée Oqba Ibn Nafi / Sidi Okba) Médina de Kairouan, gouvernorat de Kairouan, Tunisie

LA nuance essentielle : la fondation remonte bien à Oqba Ibn Nafi en 50 H / 670 apr. J.-C., lors de la création de Kairouan — mais presque rien du bâtiment visible aujourd'hui n'est de lui. L'édifice actuel est très largement une reconstruction aghlabide du IXᵉ siècle. L'histoire du chantier, telle que l'établit l'Agence tunisienne de mise en valeur du patrimoine (AMVPPC), est une succession de reprises : détruite vers 690, relevée par Hassan Ibn Nooman en 84 H / 703, agrandie par le gouverneur Bishr ibn Safwān, radicalement reconstruite par Yazīd ibn Hātim en 155 H / 771. C'est enfin Ziyādat Allāh Ier qui, en 221-226 H / 836-841, lui donne « sa morphologie et son plan définitifs ». Les émirs suivants complètent l'ensemble : Abū Ibrāhīm Ahmad ajoute des travées au nord de la salle de prière et la coupole du portique (862-863), auquel se rattache aussi le minbar en bois — considéré comme le plus ancien minbar conservé au monde ; Ibrāhīm II (à partir de 875) ajoute encore des travées et double les galeries. L'UNESCO décrit un quadrilatère de 135 m sur 80 m, une salle de prière hypostyle de 17 nefs portée par une « forêt » de colonnes de marbre et de porphyre, et une vaste cour dallée que domine, au nord, un minaret massif carré à trois étages (base de 10,67 m de côté, 31,50 m de haut selon l'AMVPPC). Attention à ne pas tout attribuer aux Aghlabides : la maqsura du prince ziride al-Muʿizz ibn Bādis date du XIᵉ siècle (vers 1035), la porte Bab Lalla Rihana de l'époque hafside (1293), et des restaurations s'échelonnent jusqu'aux campagnes de l'Institut national d'archéologie et d'art (1967-1972). La datation du minaret fait débat : un premier état est rapporté au gouverneur Bishr ibn Safwān (724-728), mais l'essentiel de l'élévation est généralement rattaché au IXᵉ siècle aghlabide — la divergence est signalée dans « corrections_signalees ».

Bassins des Aghlabides
Bassins des Aghlabides Hors les murs de la médina, Kairouan, Tunisie

Réservoir à ciel ouvert formé de deux bassins communicants, édifiés selon l'AMVPPC par le prince aghlabide Abū Ibrāhīm Ahmad entre 246 et 248 H / 860 et 862 apr. J.-C. Ils appartenaient à un ensemble d'une quinzaine de bassins extra-muros destinés à alimenter la ville. L'AMVPPC donne : petit bassin de 17 m de diamètre pour 4 000 m³ ; grand bassin de 128 m de diamètre, 4,80 m de profondeur, capacité supérieure à 57 000 m³ ; citernes de puisage de plus de 1 000 m³ chacune. Le petit bassin servait de décanteur avant que l'eau ne passe dans le grand. Ils approvisionnaient la population en eau potable, couvraient les besoins en période de sécheresse, alimentaient les caravanes et abreuvaient le bétail — un système qui valut à Kairouan le surnom de « ville des citernes ». L'UNESCO les intègre au bien sériel de Kairouan et les qualifie de « l'un des plus beaux ensembles hydrauliques conçus pour approvisionner la ville en eau ». La Presse de Tunisie rappelle en juin 2026 que, « plus de onze siècles après leur construction, ils demeurent l'un des plus remarquables témoignages du savoir-faire hydraulique du monde musulman médiéval », et rend compte d'un chantier de réhabilitation lancé en juillet 2025 (Direction générale du génie militaire, en coordination avec l'Institut national du patrimoine), visité par le président Kaïs Saïed le 16 juin 2026.

Grande Mosquée de Sousse
Grande Mosquée de Sousse Extrémité est de la médina de Sousse, à une cinquantaine de mètres du ribat, Tunisie

Édifiée par le prince aghlabide Abū al-Abbās Muhammad (Ier) en 237 H / 851 apr. J.-C. De plan rectangulaire, elle associe une cour à portiques sur colonnes et une salle de prière en T de treize nefs et six travées, la travée du mihrab et la nef axiale — aux colonnes doublées — étant plus larges que les autres et valorisées par deux coupoles. Particularité notable : elle ne possède pas de minaret, absence que l'AMVPPC explique par la présence toute proche de la tour de vigie du ribat, qui en tenait lieu. Le noyau primitif d'Abū al-Abbās Muhammad comprenait treize nefs voûtées en berceau et trois travées sur arcs en plein cintre outrepassés portés par des piliers cruciformes ; sous Ibrāhīm II (875-902), la salle de prière fut agrandie de trois travées et dotée d'un nouveau mihrab précédé d'une coupole sur trompes. La zone supérieure des trois portiques aghlabides et de la salle de prière est ornée d'une inscription coufique. Là encore, tout n'est pas aghlabide : le quatrième portique, côté salle de prière, remonte sans doute à l'époque ziride et fut rénové à l'époque mouradite (1086 H / 1675), et le décor du mihrab semi-cylindrique est ziride. L'allure massive et austère du bâtiment, proche de celle des ribats, deviendra caractéristique de l'architecture sahélienne de Tunisie. La médina de Sousse est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1988.

Ribat de Sousse
Ribat de Sousse Médina de Sousse, Tunisie

Forteresse-couvent du système de défense côtier d'Ifrīqiya, où des volontaires (mourabitoun) menaient une vie religieuse tout en assurant la garde du littoral. L'AMVPPC est explicite sur la datation : la forteresse a été construite au VIIIᵉ siècle — donc avant les Aghlabides — mais « complètement réaménagée » par le prince aghlabide Ziyādat Allāh Ier en 206 H / 821, dans le cadre du projet du Grand Palais qu'il fit construire. Plan sensiblement carré de trente-six mètres de côté, en pierre ; murs extérieurs ponctués de tours semi-cylindriques ; une seule entrée au sud, précédée d'un porche rectangulaire inspiré des entrées des palais abbassides d'Akheidhar et At'shân. Ce porche est surmonté d'une pièce à coupole sur trompes abritant assommoirs et mâchicoulis destinés à lancer poids et huile chauffée sur les assaillants — le plus ancien exemple de ce type de dôme, qui se propagera dans toute l'Ifrīqiya. À l'angle se dresse une tour vigie cylindrique sur base carrée, surmontée d'un lanternon à couplette de céramique, ajoutée par Ziyādat Allāh Ier en 821 : elle servait de minaret à la mosquée voisine et s'inspire des minarets abbassides. La cour centrale est entourée de quatre portiques sur colonnes de marbre sculpté ; le rez-de-chaussée compte trente-trois pièces étroites voûtées, la salle de prière occupe le premier étage. Les ailes ouest et est ont été rénovées en 1722. Le ribat de Sousse suit le modèle initial du ribat de Monastir. C'est de Sousse que partit, en 827, la flotte de la conquête de la Sicile.

Raqqada et le Musée national d'art islamique
Raqqada et le Musée national d'art islamique Raqqada, gouvernorat de Kairouan, Tunisie

Raqqada fut la seconde cité princière des Aghlabides, fondée sous Ibrāhīm II, après al-Abbassiya créée par Ibrāhīm Ier : les émirs y résidaient à l'écart de Kairouan, la capitale religieuse et juridique. C'est à Raqqada qu'Abū ʿAbd Allāh al-Chīʿī entra le 25 mars 909, y prenant résidence — le lieu même du basculement des Aghlabides aux Fatimides. Le site abrite aujourd'hui le Musée national d'art islamique de Raqqada, installé dans un ancien palais présidentiel transformé en lieu culturel et éducatif le 14 novembre 1986. C'est la plus grande institution tunisienne consacrée aux collections islamiques : sept salles présentent éléments architecturaux provenant de la Grande Mosquée, céramiques et verres des périodes fatimide à ottomane, monnaies, stèles épigraphiques. Une section majeure expose une riche collection de feuillets de Coran sur parchemin issus de la Grande Mosquée de Kairouan, dont le fameux « parchemin bleu » — le Coran bleu, à l'encre d'or sur parchemin teint d'indigo —, accompagné de reliures de cuir ornées et de Corans enluminés.

IV Rites

La khutba au nom du calife abbasside

Chaque vendredi, 800-909 — Le rituel qui définissait juridiquement le statut aghlabide. Lors du prêche du vendredi (khutba), prononcé notamment à la Grande Mosquée de Kairouan, le nom du calife abbasside de Bagdad était invoqué : c'est la marque publique et hebdomadaire de la suzeraineté. Couplée au tribut annuel versé à Bagdad et aux formules califales inscrites sur les monnaies d'or, cette mention faisait des Aghlabides des émirs autonomes — indépendants « de fait en tout sauf le nom » — et non des souverains indépendants. Les Fatimides, en 909, substitueront leur propre nom dans la khutba : le changement de formule valait proclamation de régime.

Le ribat : garde du littoral et retraite religieuse

IXᵉ siècle, en continu le long de la côte — Le long du front oriental d'Ifrīqiya, des volontaires venaient s'établir pour des périodes déterminées dans les ribats — Sousse, Monastir et une chaîne d'autres postes. Le ribat associait indissociablement deux fonctions : couvent et forteresse. Les occupants y menaient une vie de prière et d'étude dans des cellules étroites ouvrant sur la cour, tout en assurant le guet depuis la tour vigie, prêts à se transformer en combattants pour défendre la côte. L'AMVPPC souligne que rien ne démontre plus clairement ce double caractère religieux et militaire que l'architecture même du ribat de Sousse, où la salle de prière de l'étage jouxte le dispositif défensif du porche.

L'enseignement malikite de Kairouan

IXᵉ siècle — Sous les Aghlabides, Kairouan devient le principal centre d'enseignement du Maghreb, notamment en théologie et en droit. L'école juridique malikite s'y enracine autour de la Grande Mosquée, où les Aghlabides établirent une université qui fut un centre de formation à la pensée islamique comme aux sciences profanes. La figure d'Asad ibn al-Furāt, juriste malikite et cadi de Kairouan, illustre le poids politique de ce corps savant : c'est devant un conseil réuni à Kairouan, et par une argumentation juridique, qu'il emporta l'adhésion des élites et des oulémas à l'expédition de Sicile — dont Ziyādat Allāh Ier lui confia ensuite le commandement, bien qu'il n'eût aucune expérience militaire.

La ziyara au mausolée de Sidi Sahbi

Toute l'année, avec un sommet au Mouled — La zaouia de Sidi Sahbi — que les Européens surnommèrent « mosquée du Barbier » — abrite les restes d'Abū Zamaʿa al-Balawi, compagnon du Prophète, honoré comme saint patron de Kairouan ; la tradition veut qu'il ait été inhumé avec trois cheveux de la barbe du Prophète. La zaouia fait partie intégrante du bien inscrit à l'UNESCO. La visite pieuse (ziyara) au mausolée culmine lors du Mouled : par coutume, la « jemaât el mouled », le vendredi qui suit la fête, est réservée aux Kairouanais qui, une fois les visiteurs repartis, se rendent en famille entière — hommes, femmes et enfants — au mausolée pour réciter la fatiha et formuler des vœux. L'UNESCO rappelle que, par le passé, sept pèlerinages à Kairouan pouvaient tenir lieu du pèlerinage à La Mecque.

V Expériences

🕌 Entrer dans la cour de la Grande Mosquée de Kairouan

Grande Mosquée de Kairouan (mosquée Sidi Okba), médina… · Toute l'année ; vendredi jusqu'à 12h00 — Le cœur du bien UNESCO.

💧 Faire le tour des bassins des Aghlabides

Bassins des Aghlabides, hors les murs de la médina… · Toute l'année (réhabilitation en cours… — Marcher sur la margelle du grand bassin de 128 m de diamètre, édifié entre 860 et 862 : l'ouvrage hydraulique le plus spectaculaire du Kairouan…

📜 Voir le Coran bleu au Musée national d'art islamique de Raqqada

Musée national d'art islamique de Raqqada, Raqqada… · Toute l'année, sauf le lundi — Dans l'ancien palais présidentiel devenu musée le 14 novembre 1986, sept salles déroulent la plus grande collection d'art islamique de Tunisie…

🗼 Monter à la tour vigie du ribat de Sousse

Ribat de Sousse, médina de Sousse · Toute l'année, ouvert toute la semaine — Le ribat réaménagé par Ziyādat Allāh Ier en 821 se parcourt en entier : le porche d'entrée et sa coupole à assommoirs et mâchicoulis, la cour à…

🌙 Vivre le Mouled à Kairouan

Zaouia de Sidi Sahbi (« mosquée du Barbier ») et… · 12 Rabiʿ al-Awwal — prévu le mardi 25 août… — La nuit du Mouled, Kairouan devient la capitale spirituelle du pays : la ville accueille entre 150 000 et 200 000 visiteurs sur la seule nuit de la…

VI La fête

Mouled de Kairouan (Mawlid al-Nabawi) 12 Rabiʿ al-Awwal du calendrier lunaire — prévu le mardi 25 août 2026 (1448 H), sous réserve de l'observation du croissant

Fête religieuse et populaire, jour férié national

VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs

Aghlabides — Wikipédia reference Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aghlabides
Aghlabid dynasty — Wikipédia (anglais) reference Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Aghlabid_dynasty

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