Grande Mosquée de Kairouan (mosquée Oqba Ibn Nafi / Sidi Okba) Médina de Kairouan, gouvernorat de Kairouan, Tunisie LA nuance essentielle : la fondation remonte bien à Oqba Ibn Nafi en 50 H / 670 apr. J.-C., lors de la création de Kairouan — mais presque rien du bâtiment visible aujourd'hui n'est de lui. L'édifice actuel est très largement une reconstruction aghlabide du IXᵉ siècle. L'histoire du chantier, telle que l'établit l'Agence tunisienne de mise en valeur du patrimoine (AMVPPC), est une succession de reprises : détruite vers 690, relevée par Hassan Ibn Nooman en 84 H / 703, agrandie par le gouverneur Bishr ibn Safwān, radicalement reconstruite par Yazīd ibn Hātim en 155 H / 771. C'est enfin Ziyādat Allāh Ier qui, en 221-226 H / 836-841, lui donne « sa morphologie et son plan définitifs ». Les émirs suivants complètent l'ensemble : Abū Ibrāhīm Ahmad ajoute des travées au nord de la salle de prière et la coupole du portique (862-863), auquel se rattache aussi le minbar en bois — considéré comme le plus ancien minbar conservé au monde ; Ibrāhīm II (à partir de 875) ajoute encore des travées et double les galeries. L'UNESCO décrit un quadrilatère de 135 m sur 80 m, une salle de prière hypostyle de 17 nefs portée par une « forêt » de colonnes de marbre et de porphyre, et une vaste cour dallée que domine, au nord, un minaret massif carré à trois étages (base de 10,67 m de côté, 31,50 m de haut selon l'AMVPPC). Attention à ne pas tout attribuer aux Aghlabides : la maqsura du prince ziride al-Muʿizz ibn Bādis date du XIᵉ siècle (vers 1035), la porte Bab Lalla Rihana de l'époque hafside (1293), et des restaurations s'échelonnent jusqu'aux campagnes de l'Institut national d'archéologie et d'art (1967-1972). La datation du minaret fait débat : un premier état est rapporté au gouverneur Bishr ibn Safwān (724-728), mais l'essentiel de l'élévation est généralement rattaché au IXᵉ siècle aghlabide — la divergence est signalée dans « corrections_signalees ».